
J’ai découvert ce documentaire alors que je préparais le concours pour devenir professeur des écoles ou l’année d’avant peut-être.
A l’époque, j’ai adoré les idées qu’il véhiculait. Il me faisait rêver , il me parlait. Pourtant ça bloquait dans mon esprit. Comment un enfant peut apprendre les choses si on ne les lui enseigne pas ? Comment il peut savoir lire ou résoudre des équations à 2 inconnues ?
Il y a des choses qui étaient trop abstraites pour moi, des choses que je n’arrivais pas à appréhender. Mais la graine avait été plantée et a fait son cheminement dans ma tête jusqu’à aujourd’hui.
L’école à la maison
Ce documentaire parle d’une maman qui se questionne sur ce qu’elle veut pour son enfant. Quel genre de vie elle veut lui offrir. Pour cela, elle va à la rencontre de plusieurs familles qui ont choisi de ne pas scolariser leurs enfants. Elle n’hésite pas à se rendre dans différents pays pour avoir un large panel d’expériences.
Quand on entend ça, on pense de suite à des parents qui font l’école à la maison grâce au CNED. En tout cas c’est l’image que j’en avais. Quand j’étais enfant, une amie de ma mère était partie vivre un an au Maroc avec son compagnon et ses enfants. Le CNED était l’option qu’ils avaient choisi. Je me souviens que j’avais trouvé ça cool parce qu’ils ne travaillaient que quelques heures et ils avaient le reste de la journée.
Mais je découvre dans ce documentaire une toute autre façon de fonctionner. Je découvre des enfants libres de se tourner vers ce qui les intéresse, qui choisissent leurs centres d’intérêt. Ils ne suivent pas un programme précis avec des horaires imposés. Ils explorent leur environnement, leur créativité. Ça fait rêver.
Dans ce film on voit des enfants qui dansent, jouent du piano ou peignent. On voit des enfants qui participent à la vie quotidienne. Certains cuisinent d’autres participent aux travaux de rénovation d’une vieille maison. Des familles en excursion dans la nature. On découvre un ado qui met en scène une pièce de théâtre avec des enfants plus jeunes. Il y a aussi des moments d’apprentissage plus formels avec un papa qui apprend à sa petite à compter avec un boulier au milieu de la forêt, un garçon qui suit un court de batterie ou un groupe d’enfants qui apprennent l’anglais de façon ludique avec une prof anglaise…
Ce que je vois dans ce film ce sont des enfants épanouis et souriants qui se nourrissent de toutes les expériences qui s’offrent à eux. Les parents sont disponibles et présents pour leurs enfants et ils partagent avec eux leur quotidien et leurs propres passions. Et c’est comme ça qu’ils apprennent tout un tas de choses.
Suite à mes expériences personnelles et professionnelles, ce documentaire fait beaucoup plus sens pour moi
Depuis, je suis devenue prof et j’ai commencé un travail sur moi. J’apprends à mieux écouter mes besoins et je suis à la recherche de l’équilibre qui me permettrait de respecter mon rythme. Dans le même temps je prends conscience de choses à l’école. Et je suis en souffrance parce que les valeurs de l’école et mes propres valeurs ne sont pas alignées.
Je vois des enfants curieux de pleins de choses mais il faut les stopper parce que c’est le moment de la lecture. Je vois des enfants qui ne demandent qu’à apprendre et qui recherchent l’aide mais il y a 26 autres enfants. On demande à des enfants d’être assis alors qu’ils ont besoin de bouger. Des enfants qui sont posés sur leur coloriage et à qui on demande de faire du sport. Des enfants qui doivent travailler alors qu’ils veulent dormir. Je vois des enfants à qui on dit de sortir en récréation alors qu’ils sont à fond sur les mathématiques…
Bref, la liste est longue. Vous l’aurez compris, mon constat après 5 ans est que les besoins et les rythmes des enfants ne sont pas respectés à l’école. On essaie de plier l’enfant afin qu’il se conforme à son métier d’élève.
Quelques préjugés sur l’école à la maison
A partir de là, les gens peuvent avoir tendance à rétorquer tout un tas de choses : dans la vie on ne peut pas faire ce qu’on veut, il faut se plier aux règles de la société, que ça le prépare à plus tard et qu’il faut bien qu’il ait un bagage pour entrer dans la vie active.
Sauf que non en fait. Si aujourd’hui on disait à un adulte qu’il devait apprendre le chinois, la mécanique, la couture, le curling ou je ne sais quoi tous les jours de 17h à 18h, bah s’il n’en a pas envie il ne le fera pas ou pas longtemps.
Comme c’est si bien dit dans le film : notre rôle en tant qu’adulte n’est pas de donner à l’enfant le bagage suffisant mais de lui donner suffisamment d’amour et de confiance en lui pour qu’il sache qu’il est capable d’apprendre ce qu’il désire apprendre. On peut lui montrer comment apprendre mais au final c’est lui qui apprend.
Si vous vous inquiétez quand au fait de lui fermer des portes. Je pense aux grandes écoles ou aux universités par exemple. Il y a justement des témoignages en ce sens dans le documentaire. Il y a notamment celui de la doyenne d’une grande université américaine qui elle-même n’a pas scolarisé ses enfants.
Finalement il faut « juste » avoir confiance en son enfant qui saura trouver la voie qui lui correspond.
Le but de cet article : vous informer sur une possibilité parmi d’autres
L’idée de cet article n’est pas de vous dire que l’école c’est mal et que le unschooling est la solution.
D’ailleurs certains parents le disent : si ton enfant émet le désir d’aller à l’école alors pourquoi pas. Un père le dit dans le documentaire, on peut considérer l’école comme un courant de pensée permis d’autres. Il y a l’école publique, l’école privée, des écoles alternatives de toute sortes, le CNED, les apprentissages libres et autonomes…
Une fois qu’on a pris en considération toutes les possibilités qui s’offrent à nous, nous devons faire un choix éclairé quand à ce que l’on veut pour son enfant.
Cet article, en parlant du documentaire de Clara Bellar, présente un des choix possibles.
Ceci étant dit, je me permet quand-même de signaler que l’éducation nationale nécessite un réel changement en profondeur. C’est un changement nécessaire pour le bien-être des enfants mais aussi celui des profs.
Le(s) mot(s) de la fin
Finalement, depuis la première fois où j’ai vu ce film, j’ai toujours du mal à concevoir comment l’enfant peut apprendre à lire sans que je ne le lui enseigne.
Mais je sais un peu mieux qui je veux être, ce dont j’ai besoin, comment je veux vivre ma vie et ce que je pourrais vouloir pour mes enfants quand j’en aurais. Je suis ravie de savoir que j’ai différentes options et que je pourrais choisir celle qui nous correspondra le mieux.
Ce que je retiens c’est qu’on peut se faire confiance et avoir confiance en ses enfants.
Pour finir je vais réutiliser la conclusion de Clara Bellar :
Laisser chacun vivre sa vie afin qu’il puisse être et devenir le meilleur de lui-même
PS : J’ai choisi, dans l’article, de me centrer sur le côté apprentissages. Mais le documentaire aborde aussi le côté sociabilisation des enfants ainsi que l’aspect travail des parents. N’hésitez pas à le visionner si vous souhaitez en savoir plus.
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